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L’association souhaite dans un premier temps remercier le groupe socialiste d’avoir porté ces questions dans l’arène politique et M. Alain Ribaux d’avoir construit une réponse argumentée des chiffres que possèdent la police cantonale qui permet aux élu.e.s comme à la population d’imaginer une situation des personnes gays, lesbiennes et bi.e.s (les personnes trans et les autres minorités sexuelles et d’identités n’étant pas comprise par les termes d’homophobie).

Malheureusement, cette réponse témoigne pour l’association d’une réalité qui semble échapper à une majorité des politicien.ne.s, des personnes non-concerné.e.s, mais aussi aux chiffres recueillis par la police (ceux-ci étant forcément incomplet puisque la confédération à renoncer à dresser les statistiques sur les violences). En effet, même si nos quotidiens ne sont pas pavés des violences physiques que relatent les victimes de l’agression de juin dernier à Neuchâtel, l’homophobie y est présente, et cela même dans l’espace public, parfois de manière violente. Cette violence est par contre très rarement physique, mais pèse sur la santé psychique des victimes de l’homophobie.

Cette violence n’est pas toujours directe : elle atteint souvent les personnes LGBT+ par ricochet en les empêchant d’être elle-même et libre dans les espaces publics. Des insultes homophobes telles que « PD » sont notamment utilisées couramment à l’encontre des personnes, sans prise en compte de leur orientation sexuelle, mais elle envoie un signal clair aux personnes LGBT+ : « vous êtes moins bien » (les insultes servants à décrédibiliser la personne, elles sont sous-tendues par un stéréotype négatif envers la catégorie qui sert d’insulte) et « vous n’êtes pas les bienvenues ». Pourtant, l’insulte est punie par la loi, mais ne fait presque jamais l’objet de plaintes (comme la plupart des insultes) et nous ignorons si cette insulte est répertoriée systématiquement en lien avec le terme d’homophobie qui permet de la faire resurgir comme l’a indiqué M. Alain Ribaux.

Évidemment, l’exemple de l’insulte nous permet d’illustrer notre souci avec l’idée d’une absence d’homophobie dans l’espace public neuchâteloise, mais certain.e.s membres de l’association nous ont rapporté des situations plus intrusives et importantes qui n’ont pas pu ou voulu être rapporté auprès de la police. Nous pouvons prendre en exemple un membre, se rendant sur son lieu de travail à pied qui a été interpellé et menacé puisqu’en apparence « trop homo », et a craint durant plusieurs mois ensuite ce passage dans son trajet, ou une mère interdisant bruyamment à un jeune de parler avec son fils adolescent et en s’interposant physiquement entre eux sur la place de la gare à La Chaux-de-Fonds — devant les passant.e.s surpris.e.s — puisque, selon les éclats de voix que notre témoin (et membre de l’association) a compris, « ce jeune est un pervers homosexuel qui a traumatisé une classe entière ». Ces situations restent anecdotiques, mais pèsent sur les personnes qu’elles touchent et impactent sur le long terme leur santé mentale, surtout si ce sont des actes qui se répètent dans le temps.

L’association rappelle qu’elle est présente pour les personnes victimes ou témoins de ces situations et leur offre soutien et écoute. Togayther construit et mène actuellement différents projets (notamment une offre de counselling) qui permettent et permettront de soutenir les personnes LGBT+ dans leurs quotidiens, en particulier les jeunes traversant l’étape du premier coming-out et pouvant vivre des ruptures familiales et leurs proches.

L’association préfère demander aux autorités de rester vigilantes sur ces questions, d’autant plus qu’elles touchent selon des études récentes 17 % des jeunes Suisses (sans prise en compte des questions d’identités de genre: personnes trans et intersexes). Elle leur indique qu’elle va continuer à être un soutien dans les démarches qu’elles entament pour y répondre. Elle les remercie aussi de leur engagement dans les démarches pour faire reconnaître l’homophobie et la transphobie comme des crimes, mais rappelle que cette démarche doit aussi s’appuyer sur des statistiques.

Le comité de l’association Togayther

Arcinfo du 3 octobre 2018 : « L’agression au port de Neuchâtel est à prendre avec prudence »

Alain Ribaux a répondu ce mercredi matin à une interpellation du groupe socialiste au sujet de l’agression supposée homophobe de juin dernier à Neuchâtel. Aux yeux du conseiller d’Etat, l’homophobie ne s’exprime pas d’une façon violente dans l’espace public neuchâtelois. [voir l’article complet]

Précisions après une présumée agression homophobe

[HOMOPHOBIE DANS LE CANTON DE NEUCHÂTEL] «Aucune agression physique homophobe caractérisée sur rue n'a été enregistrée par la police ces 10 dernières années (…) Si une certaine homophobie est vraisemblablement et malheureusement toujours présente dans notre société à ce jour, elle ne s'exprime pas de façon violente, aujourd'hui, dans l'espace public neuchâtelois. Notre canton ne connaît pas de bandes d'individus qui cibleraient les homosexuels pour les agresser physiquement contrairement à ce que l'affaire du 13 juin 2018 (n.d.l.r.: "Affaire du Beaulac", largement médiatisée à l'époque) pourrait laisser entendre» a expliqué le conseiller d'État Alain Ribaux en réponse à une interpellation au Grand Conseil.

Gepostet von République et Canton de Neuchâtel am Mittwoch, 3. Oktober 2018